Vous êtes ici

Langues d'Afrique et créoles

champ1

Responsable(s) du projet: 
Présentation: 

Ce programme concerne extensivement une demi-douzaine de pays d’Afrique subsaharienne (Côte d’Ivoire, Centrafrique, Cameroun, Nigéria) avec une insistance particulière d’une part sur le Burkina-Faso, en collaboration avec le CNRST à Ouagadougou, d’autre part sur les pays où sont parlés des créoles à base portugaise (Cap-Vert, Sénégal, Guinée-Bissau, Sao-Tome et Principe)

Pour les créoles à base portugaise, le LLL est devenu le premier centre mondial en ce domaine puisqu’il est le seul qui ait deux chercheurs spécialisés dans ce domaine ! Au-delà de l’anecdotique qui montre néanmoins la nécessité de structurer ce domaine, on notera d’un côté le recouvrement du domaine puisque le dictionnaire de référence a été publié par l’un des deux chercheurs qui en prépare une version électronique tandis que l’autre s’est signalé par sa capacité à appliquer les méthodes et les théories les plus actuelles sur un champ qui apparaît souvent en friche (organisation de journées d’études avec le LLF, le laboratoire SFL et des collègues étrangers). Il est attendu, au cours du prochain contrat :

  • un ouvrage de synthèse à paraître dans la collection « Les Langues du Monde » de la Société de Linguistique de Paris, complété éventuellement par une monographie,
  • le traitement des corpus recueillis depuis des années pour extraction automatisée d’informations,
  • l’organisation d’une phonothèque de ces langues,
  • l’étude dialectologique des variétés dans les communautés émigrées en France,
  • la numérisation du dictionnaire des créoles à base portugaise paru aux éditions Karthala.

Ces recherches s’appuient sur un accompagnement au développement des infrastructures de l’enseignement supérieur dans les pays concernés, en matière de linguistique, d’enseignement du français et de formation des maîtres.

Au Burkina, la signature d’une convention en appui en matière de formation et de recherche permettra d’assurer un fort développement des échanges. La partie formation comprend des enseignements de Master destinés aux étudiants de l’université de Ouagadougou, l’accueil de doctorants (deux actuellement) et des formations sur la préservation des corpus oraux et leur exploitation (un stage en 2007, un en 2010). La recherche, en complémentarité du travail mené par nos collègues burkinabès sur la cinquantaine de langues vernaculaires, se développe autour de la description et de l’analyse de deux langues : le dagara et le sèmè dans le cadre du programme Radicel-K. Il s’agit de parvenir à doter ces deux langues des outils qui en assurent la recevabilité dans la communauté scientifique en même temps que sera assurée une appropriation lettrée par les locuteurs. Au terme du prochain contrat, est attendu un ouvrage sur le dagara publié dans la collection « Les Langues du Monde » par A. Delplanque et un ensemble de contributions, en collaboration avec les chercheurs du pays, sur la description des langues nationales.

Un volet original de ce projet est constitué par le développement des TIC au service de la collaboration entre chercheurs, de la diffusion des matériaux et de la valorisation des résultats grâce à la mise en œuvre de méthodes et de programmes informatiques originaux permettant l’exploitation collective de bases de données pluridisciplinaires évolutives élaborées grâce à différents outils dédiés à la linguistique. Est prévues la mise en place d’un environnement numérique de travail collaboratif entre cinq partenaires : les deux universités de la région Centre, l’IRD, le CNRST et l’Université de Ouagadougou, afin de tester concrètement un dispositif qui permette la  mise en ligne, l’archivage et le partage des données sonores et transcrites et la diffusion des résultats. Un ingénieur informaticien est associé à l’équipe de linguistes afin d’assurer la formation des partenaires burkinabé aux outils dédiés à la linguistique descriptive (une mission annuelle les deux premières années).        

Outre la possibilité d’avancer plus rapidement dans notre projet grâce à l’accessibilité aux données engendrée par cette plateforme, ce dispositif permettra d’initier une pratique innovante de recherche collaborative à distance. Le dispositif technique envisagé devra, au besoin, être adaptable à d’autres collaborations, tant à l’intérieur du projet (collaborations entre et avec les géographes et écologues) qu’à l’extérieur du projet puisque le champ d’action du groupe de recherche sur les langues africaines du LLL, de par les compétences spécifiques de ses différents participants, couvre de nombreux autres pays.

S’agissant de la mise en place d’une collaboration entre des instituts de la Région Centre et des partenaires d’Afrique subsaharienne, qui rencontrent de fréquentes difficultés pour trouver des fonds, le financement public de cet aspect du projet est une nécessité pour réduire la fracture numérique existante. Aussi, la mise en place d’un protocole efficace de collaboration effective entre différents centres de recherche de pays du Nord et du Sud situera les universités de la région Centre dans l’innovation pour la collaboration numérique et le transfert de technologie en général avec les pays émergents.

Parmi les autres initiatives, la poursuite du travail sur l’ikwéré et une étude sur le kota du Gabon à partir d’un de ses dialectes.

Autres participants: 
I. Diallo (doctorant), D. Evora (doctorant), B. Magnana (doctorant), E. Traore (doctorant)