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Sémantique des langues, point de vue et gestion des connaissances

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Responsable(s) du projet: 
Présentation: 

Ce programme interdisciplinaire traite de questions relevant principalement des sciences du langage, des sciences de la cognition et des sciences de l’information ; il s’appuie sur les résultats des travaux de recherche de ces trois dernières décennies.

Une ambition théorique.

  1. Du point de vue linguistique : décrire rigoureusement et empiriquement les phénomènes relevant de la contribution que les langues apportent à la construction du sens, en se fondant sur l’observation des effets des énoncés ; parmi les principaux éléments qui seront pris en compte pour étudier cette contribution, figurent : le lexique, les articulateurs, la prosodie. Cette démarche, fondée sur l’idée que les unités des langues imposent des contraintes sur les points de vue que leurs énoncés peuvent évoquer, permet d’utiliser les structures sémantiques comme modèles de structuration des connaissances pour la simulation. La description sémantique des unités prosodiques permet de ne pas limiter cette démarche au traitement de l’écrit.
  2. Du point de vue des sciences de la cognition : l’examen approfondi de l’hypothèse d’une analogie de structure entre la gestion humaine des connaissances et celle du sens, analogie qui s’observe dans l’étude des instructions que la langue fournit pour construire le sens des énoncés, constitue une alternative importante à la réduction du concept de connaissance à celui d’informations..
  3. En intelligence artificielle : élaborer et mettre en œuvre des concepts permettant de simuler l’expertise dans son fonctionnement, et pas seulement en utilisant la puissance de calcul pour obtenir des résultats proches de ceux que des experts obtiendraient.

Une ambition pratique 

  1. En linguistique : construire un dictionnaire plurilingue des idéologies inscrites dans les lexiques. Ces idéologies, que les mots marquent, apparaissent comme des points de vue imposés par les discours, et se manifestent par des biais sociocognitifs que tout observateur de ces discours peut repérer.
  2. En sciences de la cognition : construire des outils conceptuels permettant la représentation des connaissances expertes et leur recueil à partir d’énoncés et de discours d’experts. Ces outils, c’est l’objectif du programme, seront fondés sur un modèle commun devant être adapté à la fois à la représentation sémantique et à la représentation des connaissances expertes, et seront utilisés (et donc testés et affinés) en entreprise, dans le cadre d’actions de valorisation.
  3. En intelligence artificielle : s’appuyer sur les concepts élaborés dans le cadre de la recherche théorique pour construire des outils informatiques d’aide au recueil et à la gestion des connaissances, notamment, dans le cadre d’une approche de simulation de l’expertise, mais aussi dans le cadre d’approches de services aux entreprises.

Cette approche est confortée par l’absence de distinction opérée entre les points de vue relevant de connaissances expertes et ceux qui relèvent d’identifications idéologiques au niveau de l’analyse linguistique des discours. La discrimination entre les deux types de points de vue nécessite de recourir à des informations extralinguistiques (statut des inférences, statut cognitif des interlocuteurs, statut social, objectifs…). Cela suggère un homomorphisme entre les structures de représentation des points de vue, quelle que soit leur nature, ce qui a conduit à l’élaboration de la sémantique des Points de Vue.

Ce programme participe aux travaux du Séminaire de Sémantique du LLL.