20 mars 2024

Séminaire PLCS-L&O : Rudolf Mahrer

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Se corriger à l’oral et à l’écrit. L'accident et l'invention.

Mercredi 20 mars 2024 de 14h à 16h sur Teams Cliquez ici pour rejoindre la réunion
Se corriger à l’oral et à l’écrit. L’accident et l’invention.
Rudolf Mahrer, Université de Lausanne

Résumé :
Le sentiment de la profonde différence entre les enjeux et les modalités du refaire à l’oral et à l’écrit n’a pas encouragé leur rapprochement, ni sur le plan théorique, ni sur le plan de la description des faits discursifs. Les quelques tentatives de comparaison (Grésillon 1988, Grésillon et Authier-Revuz dans Boré et Doquet-Lacoste 2004) ont abouti à décrire les phénomènes de « reprise », avec des catégories différentes : la réécriture ou la rature pour l’écrit (Grésillon 1988, Lebrave 1983) et, pour l’oral, la « reformulation corrective » (Jeanneret 1992, Magri 2018, Leekancha 2021) ou la « disfluence structurée » (Shriberg 2001, Avanzi & Christodoulides 2015). Cette disjonction notionnelle laisse dans l’ombre la proximité des phénomènes en question.
Dans cette présentation, j’adopterai la perspective inverse. À partir d’un corpus à la fois oral et écrit – les notes de cours de Roland Barthes (présentées dans Mahrer 2021) et la
performance orale du même cours –, je partirai de l’hypothèse qu’il existe, en amont de la
différenciation médiale (oral/écrit), une même opération énonciative, qui rencontre
différentes conditions – matérielles et sémiotiques – d’effectuation. Cette opération, on
l’appellera avec Berrendonner (2012) réfection. Nous verrons que la manière dont le refaire s’exerce, différemment, à l’oral et à l’écrit, éclaire vivement le conditionnement matériel de l’énonciation (Lebrave et Mahrer 2022).
Quelques références :
AVANZI M. et CHRISTODOULIDES G. (2015), « Automatic Detection and Annotation of
Disfluencies in Spoken French Corpora », Interspeech, Dresden, 6 September 2015 – 10
September 2015. International Speech Communication Association, p. 1849-1853.
BERRENDONNER A. et Groupe de Fribourg (2012), Grammaire de la période, Berne, Peter
Lang : « Sciences pour la communication », 374 p.
BORE, C. et DOQUET-LACOSTE C. (2004), entretien avec Almuth Grésillon et Jacqueline
Authier-Revuz, « La réécriture questions théoriques », Le français aujourd’hui, vol. 144, no. 1, pp. 9-17.
GRESILLON A. (1988), « Les manuscrits littéraires : le texte dans tous ses états », Pratiques : linguistique, littérature, didactique, n° 57 : « L’organisation des textes », pp. 107-122.
JEANNERET T. (1992), « Pourquoi reformuler et comment le faire ? », Revue Tranel, Institut des Sciences du langage et de la communication, Université de Neuchâtel, p. 67-81.
LEBRAVE J.-L. (1983), « Lecture et analyse des brouillons », Langages, n° 69, pp. 11-23.
LEBRAVE J.-L. et Mahrer L. (2022), « Présentation. L’écriture ou le devenir technologique du langage », Genesis, n° 55, p. 7-26.
LEEKANCHA I. (2021), « Reformulation et discours touristique : analyse linguistique de récits de voyage en ligne », thèse sous la direction d’Elisabeth Richard, Université Rennes 2.
MAGRI V. (2018), « Marqueurs de reformulation : exploration outillée et contrastive dans
deux corpus narratifs », Langages, n° 212, p. 35-50.
MAHRER R. (2021), « Introduction. De l’écrit préparatoire à l’oral préparé », Linguistique de l’écrit, n° 2, en ligne sur linguistique-écrit.org.
SHRIBERG E. (2001), « To « errrr » is human: Ecology and acoustics of speech disfluencies », Journal of the International Phonetic Association, 31(01), pp. 153-169.

20 mars 2024, 14h0016h00
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